Nous observons depuis quelques années une transformation profonde du métier d’aide-soignant en France. En 2021, le référentiel de formation du DEAS a connu une refonte majeure qui a élargi le périmètre d’intervention de ces professionnels de santé. Cette évolution réglementaire s’inscrit dans une dynamique d’amélioration continue des parcours de soins, avec des répercussions directes sur l’accompagnement des patients au quotidien. Selon les données de la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques, on comptait environ 400 000 aides-soignants en exercice en France en 2022. Cette population professionnelle représente un pilier fondamental du système de santé, intervenant tant en milieu hospitalier qu’en établissements médico-sociaux. Les nouvelles compétences reconnues visent à renforcer leur capacité d’action tout en maintenant une coordination rigoureuse avec les infirmiers. Cette restructuration répond également aux enjeux démographiques actuels, avec le vieillissement de la population et l’augmentation des pathologies chroniques qui nécessitent un suivi régulier et adapté.
Les compétences techniques ajoutées au référentiel 2021
Nous constatons que la révision du référentiel a introduit treize nouveaux actes techniques dans le champ de compétence des aides-soignants. Ces prérogatives concernent principalement la surveillance clinique, les prélèvements simples et certains soins de confort. Cette extension des responsabilités permet d’optimiser l’organisation des équipes soignantes tout en garantissant une prise en charge de qualité pour chaque personne accompagnée. La mesure de la glycémie par captation capillaire ou lecture transdermique constitue l’un de ces nouveaux actes. Cette compétence s’avère particulièrement utile dans le suivi des personnes diabétiques, dont le nombre ne cesse d’augmenter. De même, la surveillance du poids par calcul de l’indice de masse corporelle à l’aide d’un outil paramétré permet un suivi nutritionnel régulier, aspect essentiel du bien-être général.
Depuis 2021, combien de nouveaux actes techniques ont ete ajoutes au referentiel aide-soignant ?
Les professionnels peuvent désormais effectuer le changement de support et de poche de colostomie cicatrisée, acte qui nécessite dextérité et respect strict des protocoles d’hygiène. La pose de suppositoire d’aide à l’élimination fait également partie des nouvelles attributions, favorisant ainsi le confort digestif des patients. Concernant la fonction respiratoire, plusieurs actes ont été ajoutés : la pose et le changement de masque respiratoire en situation chronique, l’aspiration endotrachéale sur orifice trachéal cicatrisé et non inflammatoire, ainsi que le changement de lunette à oxygène avec tubulure. Ces interventions demandent une vigilance particulière et une formation adéquate pour garantir la sécurité des personnes accompagnées. La surveillance du rythme et de la fréquence respiratoires, couplée à la mesure du taux de saturation en oxygène, complète ce volet respiratoire. Ces paramètres constituent des indicateurs essentiels pour évaluer l’état de santé général et détecter d’éventuelles dégradations.
| Catégorie d’actes | Exemples de compétences | Contexte d’application |
|---|---|---|
| Surveillance clinique | Glycémie, saturation oxygène, IMC | Pathologies chroniques stabilisées |
| Soins respiratoires | Aspiration trachéale, masque respiratoire | Situations chroniques uniquement |
| Prélèvements et mesures | Recueil d’urines, bilirubine transcutanée | Situations d’urgence ou suivi régulier |
| Soins de confort | Colostomie, suppositoire | Accompagnement quotidien |
Les conditions d’exercice et le cadre réglementaire
Nous soulignons que ces nouvelles prérogatives s’exercent dans un cadre précisément défini par la réglementation. Les aides-soignants interviennent exclusivement sur des situations de santé stabilisées ou des pathologies chroniques stabilisées. Cette condition garantit que les actes réalisés s’inscrivent dans un suivi établi et non dans une phase aiguë nécessitant une expertise infirmière immédiate. L’exercice de ces compétences se déploie principalement en structures médico-sociales, où le rythme de prise en charge permet une organisation différente de celle du milieu hospitalier aigu. Le cadre d’intervention reste toujours sous la responsabilité d’un infirmier, qui assure la coordination des soins et valide les protocoles appliqués.
Les professionnels diplômés avant 2021 doivent suivre une formation de mise à niveau pour acquérir ces nouvelles compétences. Cette obligation de formation continue garantit la sécurité des patients et l’uniformité des pratiques professionnelles sur l’ensemble du territoire. Les aides-soignants formés après cette date bénéficient directement de ces enseignements intégrés dans leur cursus initial. Cette différenciation temporelle crée actuellement deux profils de compétences au sein de la profession, situation qui devrait progressivement s’homogénéiser avec le renouvellement des effectifs. Nous notons également que le recueil aseptique d’urines lors de situations d’urgence figure parmi les nouveaux actes, excluant toutefois le recueil par sonde urinaire qui relève du champ infirmier. Cette distinction illustre la nécessité de maintenir des frontières claires entre les différents niveaux de qualification. Dans certains contextes pathologiques, la surveillance attentive des paramètres biologiques s’avère cruciale, tout comme le contrôle des protéines urinaires pour préserver la fonction rénale.

L’impact sur l’organisation des soins et la qualité d’accompagnement
Nous observons que cette extension de compétences modifie en profondeur l’organisation du travail au sein des équipes soignantes. Les infirmiers peuvent se concentrer davantage sur les actes techniques complexes et les situations instables, tandis que les aides-soignants assurent un suivi régulier et de proximité. Cette répartition optimisée favorise une meilleure fluidité dans les parcours de soins et renforce la continuité de l’accompagnement. Le lavage et l’irrigation oculaires, la lecture de l’intradermo-réaction pour le test tuberculinique ou encore le recueil du taux de bilirubine par lecture transcutanée constituent des actes qui peuvent être réalisés au plus près des personnes. Cette proximité favorise la création d’un lien de confiance et permet une observation fine de l’évolution de l’état de santé.
La mesure du périmètre crânien chez les nourrissons et jeunes enfants fait partie des surveillances des mensurations désormais accessibles. Cette compétence s’inscrit dans une approche globale du développement et du bien-être des plus jeunes, où chaque paramètre contribue à l’évaluation de la croissance harmonieuse. L’élargissement des prérogatives ne doit jamais conduire à un transfert inapproprié de responsabilité. Les protocoles établis et la supervision infirmière demeurent les garde-fous essentiels pour garantir des soins sûrs et adaptés. Nous insistons sur le fait que cette évolution professionnelle répond à une logique d’amélioration continue de la qualité des soins, dans un contexte où les besoins de santé se diversifient et où les parcours deviennent plus complexes. La reconnaissance de ces actes valorise également le métier d’aide-soignant et ouvre de nouvelles perspectives d’évolution professionnelle pour ces acteurs incontournables du système de santé français.
Quiz : Actes aide-soignant et nouvelles compétences














